Quand t’as un seul produit et une commande minimum de trente unités, t’es pas un gros client. T’es le petit gars qui rentre avec un pleated wide leg pants et trop de questions. Fait que je savais que je partais en position de faiblesse, pis je me suis dit : la seule affaire que je contrôle, c’est avec qui je dis oui.
01 · La route vers la Chine
Au début, j’ai passé beaucoup de temps à tester des manufactures en Chine. Je savais que le coût serait vraiment moins cher — trois fois moins cher qu’à Montréal. Je savais aussi que les gens étaient contre, qu’ils n’aimaient pas l’idée. Mais j’ai essayé fort quand même.
J’ai passé beaucoup de nuits à parler avec des manufactures chinoises. Douze heures de décalage, donc c’était des conversations tard le soir. Eux ne semblaient pas bien comprendre ce que je voulais pour mon pleated wide leg pants, mais j’essayais quand même. J’en ai testé vraiment, vraiment beaucoup.
Finalement, j’ai fait un prototype en Chine. Ça n’était vraiment pas satisfaisant.
02 · Chabanel
À partir de ce moment-là, j’ai décidé de changer de direction. Je connaissais un peu le milieu de la mode à Montréal. Je suis allé à Chabanel.
Chabanel, c’est l’endroit où beaucoup de vêtements sont créés à Montréal. C’est un building — une espèce d’usine où chaque local est équipé par quelqu’un qui a un rapport dans la mode. Une marque, quelqu’un qui fait la coupe, quelqu’un qui imprime et ajuste les patrons, quelqu’un qui fait de la broderie. Tout est là.
J’ai cogné sur chacune des portes pour me faire des contacts. À travers ça, j’ai trouvé un manufacturier ici à Montréal. L’avantage, c’était que j’étais plus proche. Je pouvais faire des allers-retours avec lui, tester des prototypes, ajuster, revenir.
